Pérou – Lima, une ville entre brume et lumière

Lima est une drôle de ville. Deuxième capitale la plus sèche au monde, elle vit pourtant une grande partie de l’année sous un voile gris, la fameuse garúa, cette brume humide qui enveloppe la ville sans vraiment apporter de pluie. Et puis il y a le Pacifique, les falaises de Miraflores, les quartiers qui s’étirent à perte de vue… Une métropole tentaculaire, perchée entre désert et océan, où les façades coloniales côtoient les immeubles modernes et les tours d’habitation.

Dans les rues, c’est dense, bruyant, vivant. Beaucoup de circulation, quelques coups de klaxon, un joyeux chaos urbain qui, après quelques jours en Amérique latine, finit presque par nous sembler fluide. À Lima, tout paraît en mouvement. Les couleurs surgissent au détour d’une rue, les marchés débordent de tissus, de paniers, de vêtements, d’artisanat. Un joyeux capharnaüm de motifs et de matières, exactement le genre d’endroit où nos yeux de collectionneurs de lieux de vie se mettent en mode grand angle.

Et puis il y a l’architecture. Les places centrales sont magnifiques, les balcons en bois sculpté, les façades colorées et les vestiges coloniaux racontent une ville qui a connu les séismes, les transformations et les époques sans jamais complètement effacer son passé. Le Monasterio de San Francisco, avec sa façade jaune vif et son architecture baroque ponctuée d’influences mauresques, nous a particulièrement marqués. Sous le monastère, les catacombes abriteraient des dizaines de milliers de sépultures et la bibliothèque conserve une impressionnante collection d’ouvrages anciens. Une ambiance presque irréelle. On se serait cru dans Harry Potter!

Lima, c’est aussi une étape de curiosité pour les enfants. Nous leur avons fait découvrir comment naît le chocolat, depuis la fève de cacao jusqu’à la tablette. Une manière assez formidable de leur rappeler que derrière ce carré de chocolat que l’on mange sans y penser, il y a une plante, un fruit, un savoir-faire et tout un monde.

Et puis il y a eu les rencontres improbables… comme ces chiens péruviens sans poil, créatures à la silhouette étonnante, qui semblent avoir été dessinées par un architecte ayant oublié d’ajouter les finitions. Ils font partie du patrimoine culturel du Pérou et sont considérés comme l’une des races de chiens les plus anciennes au monde. Une curiosité de plus à mettre dans notre collection.

Mais s’il y a bien une chose que nous avons collectionnée à Lima, c’est le goût.

Parce que la cuisine péruvienne est réputée. Mais c’est peu dire. Ceviches, poissons, piments, maïs, pommes de terre, influences japonaises, chinoises, espagnoles… La cuisine péruvienne joue sur plusieurs tableaux et les joue plutôt bien.

Mention spéciale à La Mar, cevichería de Gastón Acurio, où nous avons découvert une cuisine à la hauteur de sa réputation. Une adresse qui restera dans notre collection de lieux de vie autant pour ce qu’on y a mangé que pour cette sensation si particulière d’être exactement là où il fallait être.

CE QUE LIMA NOUS A LAISSÉ

Lima n’est pas une ville qui cherche forcément à séduire au premier regard. Elle est plus complexe que ça. Il faut traverser sa brume, ses embouteillages, ses contrastes et ses quartiers pour commencer à comprendre son caractère.

Et finalement, c’est peut-être cela que nous aimons dans nos voyages : ne pas chercher immédiatement le « waouh », mais prendre le temps de regarder. Une façade, un marché, une table, un tissu, une assiette, une manière de vivre… Tous ces petits fragments qui finissent par composer une autre façon d’habiter le monde.

Lima est entrée dans notre collection comme ça : par petites touches, entre brume et couleurs, architecture et chocolat, Pacifique et ceviche.

BTH · NOTRE HABITAT DU MOMENT

Et puis il y a eu notre habitat du moment : le BTH, Boutique Concept Hotel, dans le quartier de San Borja.

Un hôtel comme on les aime : avec une vraie personnalité. Ici, on ne vient pas simplement poser ses valises. On entre dans un univers. Très contemporain, très scénographié, presque comme dans une galerie d’art où chaque espace semble avoir été pensé pour provoquer une petite surprise.

Noir et blanc, photographies grand format, touches vintage, objets décalés… Le décor joue avec les contrastes et assume son éclectisme. Dans le lobby, l’ancien et le contemporain se mélangent sans chercher à faire semblant de s’entendre. Et pourtant, ça fonctionne. Beaucoup.

Chaque étage possède son propre univers, inspiré d’une grande ville. Une manière assez réjouissante de voyager encore un peu alors qu’on vient de poser ses valises.

Et au BTH, même le barber fait partie de l’expérience. Pas un service ajouté au fond du couloir, mais un vrai morceau du concept. Même chose pour le bar à cocktails, sombre, chic et lounge, parfaitement dans l’esprit de l’hôtel. On pouvait y prolonger la journée autour d’un verre et avoir cette agréable sensation de ne plus être tout à fait à l’hôtel, sans être vraiment ailleurs non plus.

C’est exactement ce que nous aimons collectionner.

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