Argentine – Buenos Aires une ville à vivre

Carlos Fuentes, écrivain mexicain, disait :
« Les Péruviens descendent des Incas, les Mexicains descendent des Aztèques et les Argentins descendent des bateaux. »
À Buenos Aires, difficile de trouver meilleure définition.
Terre d’immigration massive, la capitale argentine est un joyeux mélange d’influences européennes, latino-américaines, italiennes, espagnoles, françaises… Une ville cosmopolite, fière, bruyante, élégante, parfois un peu cabossée, mais toujours terriblement vivante.

Et, détail amusant, on nous a pris plusieurs fois pour des Argentins.

On a décidé de ne pas contrarier les gens. 😉

NOTRE BUENOS AIRES

Nous avons aimé nous réveiller à Palermo et partir à la recherche d’un petit déjeuner, sans nous préoccuper outre mesure de l’heure.
Chez Pani, on s’est régalés de granolas gargantuesques dans une déco colorée et éclectique, avec des serveurs adorables.
À La Panera Rosa, ce furent les gaufres sucrées.
Chez Oui Oui, les brunchs à partager.
À Cocu, la boulangerie française de Palermo, nous avons adoré le culot du nom, les ardoises noires et la déco rustique.
À San Telmo, La Panadería de Pablo, chic et moderne, et La Poesía, véritable café littéraire tapissé de cadres et de photos, nous ont offert deux nouvelles façons de prendre le petit déjeuner.
À Recoleta, nous avons aimé l’ambiance bio et vintage de Go’in, son excellent granola et, chez Le Blé, les rayures noires et blanches.

Et puis il y a eu Yauss.
Le petit déjeuner d’anniversaire de Jojo. Des gaufres salées, des surprises du chef, un gâteau, une chanson « Feliz Cumpleaños » et même quelques coupettes à 11 heures.

On ne va pas vous mentir : Buenos Aires sait recevoir.

Nous avons adoré simplement vivre la ville.
Observer le ballet incessant des petits et des grands venus poser avec Mafalda rue Defensa. Croiser les promeneurs de chiens. Flâner dans les rues pavées de Palermo. Faire du shopping. Courir dans les immenses parcs du quartier.
Découvrir La Boca et ses maisons colorées en tôles ondulées.
Puis Barracas, avec ses murs couverts de graffitis. Avec Graffitimundo, nous avons découvert combien le street art argentin est aussi un acte politique.

À table, même constat : Buenos Aires aime mélanger les genres.
Un déjeuner sur le pouce chez Helena ou au EleBar de Palermo.
Un petit détour par Pétanque à San Telmo, avec son côté français assumé et son Ricard qui nous a presque donné l’impression d’être rentrés à la maison.
Les hamburgers du Burger Joint, dans une déco grunge complètement déjantée, avec graffs, musique et même une sangria que nous avons pourtant beaucoup aimée.
Le Bife de Chorizo chez Don Julio, dans une véritable parrilla traditionnelle, avec ses nappes en cuir et son carrelage d’époque.
Les Californian rolls, les limonades citron-gingembre et la caïpi à la fraise chez Osaka, notamment pour l’anniversaire de Tom, qui était ravi.

À ce rythme-là, il ne manquait plus qu’un restaurant à São Paulo pour compléter notre collection sud-américaine. 😉

Nous avons aussi retrouvé les saveurs du Pérou chez La Mar, avec une ambiance plus confidentielle que celle de Lima, pour l’anniversaire d’Hugo. Et une bougie. Et une chanson. Et un garçon de 14 ans visiblement très ému.
À Puerto Madero, nous avons apprécié les pâtes maison de La Parolaccia, avec vue sur le Río de la Plata.
Et à Recoleta, nous avons aimé le côté légèrement guindé d’Oviedo, sa touche culinaire espagnole et cette étonnante bibliothèque à verres.

Mais Buenos Aires ne se mange pas seulement.

Elle se regarde.
La sublime coupole des Galerías Pacífico.
La majestueuse Plaza de Mayo, sous le regard de la très rose Casa Rosada.
Les cafés historiques où l’on fait littéralement un bond dans le passé : carrelages noirs et blancs ou carreaux de ciment multicolores, boiseries, poutres, briques, ferronneries, ventilateurs d’époque…Au Bar Seddon. Au Federal à San Telmo. À La Rambla à Recoleta. À La Perla à La Boca.

Des lieux qui racontent une époque sans avoir besoin de panneau explicatif.

Et puis il y a le tango.

Dans les restaurants. Dans les rues. Parfois même dans l’immeuble d’en face.
Nous avons regardé les jeux de jambes, la sensualité, les corps qui se rapprochent et cette manière très argentine de transformer une danse en véritable langage.

Nous avons aimé flâner à San Telmo, son architecture coloniale, son marché d’antiquités du dimanche sur la Plaza Dorrego et la rue Defensa devenue piétonne.
Nous avons aimé Puerto Madero, cet ancien port reconverti en ville nouvelle, avec ses grues jaunes désormais immobiles et le Puente de la Mujer de Santiago Calatrava, qui semble représenter un couple dansant le tango. Un petit air d’île de Nantes… Sans les Machines.

Nous avons découvert le MALBA et l’exposition interactive de Yoko Ono où nous avons essayé de « réparer le monde » et « d’insuffler la paix ». Nous n’avons pas forcément tout compris. Mais nous avons participé. C’est déjà ça.

La religion football.

Dans un pays où le football n’est pas un sport mais une religion, Tom était particulièrement fier d’assister à un match de Boca Juniors.
L’ambiance était évidemment incroyable. Mais nous avons aussi découvert l’envers du décor, la violence des barras bravas et le poids politique et économique du football argentin.
Avant le match Boca Juniors-Lanús, un hommage a d’ailleurs été rendu à un jeune supporter récemment tué.
Comme souvent en Argentine, derrière la fête et la passion, il y a une histoire beaucoup plus complexe.

BUENOS AIRES, NOTRE COLLECTION DE LIEUX DE VIE

À Buenos Aires, nous avons particulièrement aimé cette capacité à faire cohabiter l’ancien et le nouveau.
Les façades majestueuses et les intérieurs parfois complètement décalés.
Les vieux cafés et les restaurants contemporains.
Les carrelages d’époque et les graffitis.
Les maisons colorées de La Boca.
Les appartements de Palermo.
Les bâtiments coloniaux de San Telmo.
Les anciennes structures industrielles de Puerto Madero transformées en nouveaux lieux de vie.

C’est peut-être là que notre regard de créateurs de lieux de vie s’est encore aiguisé.

Parce qu’un lieu agréable n’est pas forcément un lieu parfait. Il peut être un peu bancal, très personnel, surprenant, patiné, mélangé.

Mais il doit raconter quelque chose. Et surtout, il doit donner envie d’y vivre.

CE QUE BUENOS AIRES NOUS A LAISSÉ

Buenos Aires nous a aussi impressionnés par son architecture.

Surnommée le « petit Paris de l’Amérique du Sud », la ville possède une richesse architecturale exceptionnelle : influences haussmanniennes, héritage colonial espagnol, néo-baroque, néo-gothique…
Le Cementerio de la Recoleta, avec ses mausolées monumentaux où repose notamment Evita, en est une illustration spectaculaire.
Cette architecture raconte aussi la richesse économique passée de l’Argentine.
Mais ce que nous avons surtout aimé, c’est le caractère des Argentins. Fiers. Tactiles. Passionnés.

Avec cette fameuse expression : « Tu conduis comme Fangio ».

Et cette autre, beaucoup moins flatteuse mais assez drôle :
« Comment un Argentin se suicide-t-il ? En sautant du haut de son ego. »

Nous avons surtout découvert une incroyable résilience après des années de crises, de régimes militaires et de bouleversements politiques. Et une sacrée capacité à faire la fête. Avec du Malbec, évidemment.

LE SOUVENIR QUE NOUS GARDONS

Buenos Aires, pour nous, ce n’est donc pas seulement Mafalda, le tango, Boca Juniors ou le Malbec.

C’est une ville que nous avons aimée habiter temporairement.

Nous y avons pris nos habitudes.

Nos petits déjeuners préférés.

Nos restaurants.

Nos parcours de course.

Nos quartiers.

Nos cafés.

Nos endroits où revenir.

Et c’est peut-être ça qui fait la différence entre visiter une ville et commencer à y vivre.

Pendant deux ans, avec nos deux ados, nous avons changé de pays, de maison, de lit, de quartier et parfois même de rythme de vie presque constamment.

Mais partout, nous avons essayé de faire la même chose :

nous installer.

Même pour quelques jours.

Même pour quelques semaines.

Trouver notre marché.

Notre café.

Notre boulangerie.

Notre endroit préféré pour regarder passer les gens.

Bref, créer notre petit lieu de vie du moment.

Et avec le recul, nous réalisons que cette collection de lieux, de maisons, de chambres, de terrasses, de cafés et de souvenirs a largement nourri ce que nous sommes devenus avec Designer de Bonheur®.

Parce que nous croyons toujours davantage qu’une maison n’est pas un décor.

C’est le décor de notre vie.

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